« Je veux choquer les lectrices bourgeoises » H.Newton

Erotiques, puissantes, froides, sensuelles, crues, provocantes… Les adjectifs ne manquent pas lorsqu’il s’agit d’évoquer les femmes immortalisées par le célèbre photographe de mode Helmut Newton.

Né en octobre 1920 à Berlin d’un père juif allemand et d’une mère américaine, il concrétise très tôt son inclination pour la photographie puisqu’il devient, dès 1936, l’élève de la photographe Else Simon, dite Yva, dont le style influencera largement son œuvre.

Fuyant l’Allemagne nazie, Newton émigre en Australie en 1938. Dix ans plus tard, il épouse l’actrice australienne June Brunell, qui effectuera elle-même des travaux photographiques à partir de 1970.

Après la guerre, il travaille comme photographe indépendant, réalisant des photographies de mode, mais également des clichés pour le magazine Playboy.

En 1961, le photographe s’installe à Paris et se consacre essentiellement à la réalisation de clichés pour de grands magazines de modes, tels que Vogue, avec lequel il collaborera pendant 23 ans.

Devenu célèbre et largement reconnu par la communauté artistique internationale, il lègue, en 2003, l’ensemble se son œuvre à la ville de Berlin. Ces collections sont aujourd’hui exposées au Musée de la photographie situé dans le quartier chic de Charlottensburg, à Berlin.

A la fin de sa vie, le photographe réside entre Monaco et Los Angeles. Il meurt en janvier 2004 dans un accident de voiture à Hollywood, à bord de sa Cadillac, écrasé sur l’un des murs du célèbre Château Marmont.

Helmut Newton aimait les femmes. Des femmes représentées puissantes et sublimées, assumant tout à fait leur nudité, offerte aux regards mais ne leur étant jamais soumise.

La femme, chez Newton, ne se dérobe jamais. Elle s’expose, volontaire. La sensualité ne réside pas dans la suggestion, mais bien dans une exposition frontale du corps, par laquelle la photographie rejoint la statutaire et les déesses deviennent colosses.

L’image est léchée, la chair, lisse. Et pourtant, rien n’est gommé de la violence de l’érotisme, taillé, mais non poli. Capté –pour ne pas dire capturé-, l’instant de désir n’est pas émoussé d’avoir été immobilisé.

Paradoxalement, il en découle une force qui semble renverser le rapport de force attendu, puisque la femme nue n’est plus soumise au regard, mais hypnotise au contraire par l’exposition crue de son corps nu.

L’œuvre d’Helmut Newton est en elle-même une provocation. Evacuant la ménagère pin-up qui faisait l’article, sa photographie semble se nourrir d’un jeu quasi-obsessionnel basé sur la transgression, mettant en scène ces femmes nues, exposées, observées ou travesties.

Et si certains penseurs féministes ont dénoncé la façon provocante dont le photographe a représenté la femme, associant dès ses premières œuvres mode, féminité, nudité et sexe, à nous de nous demander si celui que l’on a consacré précurseur du « glam-trash » et du « porno-chic » n’a pas plutôt rendu hommage à ces femmes désirantes et désirables, immortalisées en des images de sexualité assumée et dont la force ne saurait laisser indifférent.

Lou K.




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