Il devait être deux heures du matin. L’air saturé de cette chambre moite, le grincement des lattes dès lors qu’elle amorçait un mouvement, cette douleur lancinante derrière la nuque… Tout lui interdisait le sommeil.

 

Ester se redressa dans le lit, écarta d’un geste ces draps qui l’étouffaient. En sueur, elle se leva, offrant à l’obscurité sa nudité gracile. S’avançant vers la fenêtre, elle saisit un léger débardeur et sa culotte de coton qui gisaient sur le bras d’un fauteuil. Machinalement, elle enfila ses vêtements, tout en jetant un œil à travers les rideaux, pour apercevoir l’extrémité turquoise de la piscine du motel. L’éclairage artificiel donnait à l’eau une teinte bleutée quasi-surnaturelle. Elle resta un instant immobile, scrutant ces reflets hypnotiques. Et ce n’est qu’après quelques secondes que l’idée d’aller s’y rafraichir lui traversa l’esprit.

Levant les yeux, elle réalisa que le rideau de l’une des chambres du bâtiment qui lui faisait face était entrouvert. Quelqu’un l’observait. Cette idée l’effraya tout d’abord, puis elle se souvint de cette silhouette nonchalante et androgyne croisée dans l’après-midi à la station essence. Toutes deux n’avaient alors échangé qu’un regard mais cela avait suffit à déstabiliser Ester, qui repensait à présent à cette scène avec une certaine excitation. Et l’idée que c’était peut-être cette même créature qui maintenant l’observait depuis sa fenêtre… Elle sentit un curieux frisson lui remonter l’échine.

Elle saisit la poignée de sa porte, sortit sur la passerelle qui zébrait le bâtiment et descendit lentement les escaliers qui menaient à la piscine. Elle était presque nue, et l’idée même que quelqu’un ne perdait rien de son corps dévoilé, tour à tour dissimulé dans l’ombre puis exposé en pleine lumière, faisait naître en elle un sentiment mêlé, qui oscillait entre impression de puissance, et de grande vulnérabilité.

 

Perdue dans ses pensées, elle ne vit pas tout de suite l’homme qui, profitant la chaleur nocturne, dormait paisiblement sur l’un des transats gris qui jalonnaient le contour du bassin. A demi nu, il offrait aux regards son corps glabre et ferme, le hale de sa peau dilué dans les reflets aquatiques dansant sur son torse. Elle sursauta lorsqu’elle l’aperçut, mais il était trop tard pour faire demi-tour. Le plus discrètement possible, elle s’approcha de l’eau.

 

Ester se tenait à présent sur le bord du bassin. Elle leva furtivement les yeux pour constater qu’on n’avait cessé de l’observer. Cela fit taire ses derniers atermoiements. Elle se débarrassa des quelques vêtements qui la couvraient encore, dévoilant ses formes harmonieuses. Un corps long et fin, aux courbes subtiles. De grands yeux clairs qui contrastaient avec sa longue chevelure couleur charbon. Une poitrine ferme, dont le désir avait durci les extrémités. De petites fesses rebondies prolongées par des jambes interminables…

 

Elle raidit ses muscles, s’étira longuement et plongea. Son corps perça l’eau en un point d’impact précis, presque sans un bruit.

L’homme avait ouvert les yeux. Voyageur insatiable, rompu à sa vie d’errances, il était habitué à dormir sous les étoiles. Un sommeil léger qui devait lui permettre de réagir prestement en cas de visite inopportune. Mais, curieusement, ce n’est pas dans cette perspective qu’il perçut la scène qui se déroulait alors sous ses yeux.

 

Le regard encore embrumé, il percevait pourtant distinctement les mouvements lents et sous-marins de cette créature sublime qui, à quelques mètres de lui à peine, réalisait avec application ses longueurs nocturnes. Cette vision fantasmatique l’excita instantanément et il sentit bientôt sa verge se durcir dans son jean. Il se redressa, posa une main sur sa braguette, mais ne bougea pas, de crainte que tout s’évanouisse.

Lorsqu’elle sortit la tête de l’eau, Ester constata que le rideau jusqu’alors entrouvert était retombé. Vaguement déçue, elle fit volte-face et, prenant appui sur le rebord du bassin, entreprit de remettre en place sa chevelure humide. Ce ne fut qu’une fois l’opération achevée qu’elle vit que l’homme, les yeux grands ouverts, l’observait en silence. Surprise, son regard se posa sur le torse sec et halé, puis glissa jusqu’à son entre-jambe. Voyant la bosse qui déformait la toile du pantalon, elle frissonna, ne sachant comment se comporter.

Depuis l’escalier métallique, Lex ne perdait rien de la scène. Elle se souvenait parfaitement de cette jeune femme croisée dans l’après-midi, qu’elle avait instantanément désiré. Et lorsqu’elle avait vu celle-ci descendre à la piscine, à peine vêtue, qu’elle l’avait observée, nue, onduler dans le bassin, elle n’avait pas hésité. Chasseresse, sa proie la provoquait.

 

Mais à présent, elle ne pouvait qu’observer, passive, la jeune femme lui échapper. Sa main se crispa sur la rambarde. La tension gaînait tous ses muscles et son regard restait fixé sur le bassin. Elle se reprit, bien décidée à obtenir ce qu’elle voulait. Elle descendit les quelques marches qui la séparaient encore de cette femme qui lui tournait le dos. De là où elle se trouvait, elle pouvait apercevoir l’onde qui perlait le long de sa nuque. Le bleu de l’eau se reflétait sur la peau de la jeune femme, fascinante créature marine.

 

Elle s’approcha de la piscine, silencieuse et déterminée. Du regard, elle caressait déjà les hanches de la belle inconnue. L’homme lui faisait face, et elle savait qu’il l’avait vue arriver. Pourtant, son visage n’en laissait rien paraitre, tout absorbé qu’il était par la créature qui se tenait devant lui.

Lex se déshabilla sans un bruit, et laissa son corps glisser dans le bassin. Lentement, elle s’approcha d’Ester et se plaça derrière elle, appliquant ses tétons durcis au contact de son dos. Elle plaça ses mains sur ses hanches, puis lentement les fit descendre le long de ses cuisses.

Ester sursauta quand ces longues mains féminines passèrent sur ses fesses. Mais elle n’eut pas le temps de s’abandonner à son plaisir car ces mains inconnues saisirent bientôt les siennes, qui agrippaient toujours le rebord de la piscine.

 

D’une main, Lex lui passa les siennes par-dessus la tête, et les lui maintint fermement derrière la nuque. De l’autre, elle lui saisit le sein et commença à en titiller l’extrémité. Les jambes écartées, le corps pressé contre celui de la jeune femme, Ester se trouvait à présent dans un tel état d’excitation qu’elle avait peine à tenir sur ses jambes. Elle sentit la main de Lex glisser de son sein droit vers le gauche, puis descendre lentement, de son ventre à son entre-jambes, puis lui caresser l’intérieur des cuisses. Elle sursauta lorsqu’elle sentit un doigt s’immiscer entre ses grandes lèvres. Elle ne put contenir un gémissement de plaisir et laissa sa tête basculer en arrière, dans un état de total abandon.

 

C’est à présent avec la plus grande attention que Charlie observait la scène. Fasciné par les deux jeunes femmes, il avait peine à contenir son excitation. N’y tenant plus, il fit sauter les boutons de son jean d’un geste précis, saisit son chibre à pleine main, et commença à se branler fermement. Sa queue était dure et passer ses doigts sur son gland était presque douloureux. Le souffle court, il ne pouvait détacher ses yeux de ces deux femmes enlacées.

De son côté, Lex ne pouvait que constater avec satisfaction l’effet que ses gestes assurés avaient sur la jeune femme. Bien décidée à lui offrir un orgasme mémorable, elle relâcha un instant son étreinte et la contraint à lui faire face.

 

Ester, profitant de ce court moment de répit, reprit son souffle. Pour la première fois, elle pouvait observer les traits de celle qui l’avait rendue captive. Elle plongea son regard dans les grands yeux verts de Lex qui, l’espace d’un instant, en fut décontenancée. Ester n’avait plus peur. A présent, elle voulait jouir. Elle passa ses doigts dans les cheveux de Lex et attira sa bouche contre la sienne. Le contact de ces lèvres charnues déchaina en elle une vague de plaisir. Ses gestes étaient plus assurés. Elle saisit à pleine main le petit cul ferme qui lui était offert et guida la main de Lex jusqu’à son entre-cuisses. Il ne lui fallait pas moins pour la convaincre d’aller plus loin. De ses doigts, Lex écarta les lèvres de la jeune femme et présenta deux d’entre eux à l’orée de sa chatte, tout en appuyant la paume de sa main sur le clitoris gonflé d’excitation. Opérant par mouvements circulaires, elle maintenait Ester dans un état de frustration insoutenable. A chacun de ses gestes, la jeune femme se cambrait un peu plus. Au comble de l’excitation, Ester ne put retenir ces mots qui lui brûlaient les lèvres. Dans un souffle, elle ordonna à Lex de mettre fin à son supplice.

 

« Baise-moi ». A ces mots, Lex ne put se retenir et enfonça profondément ses doigts dans la chatte d’Ester qui hurla de plaisir. Satisfaite de l’effet qu’elle produisit chez sa partenaire, Lex entama un long mouvement de va-et-vient. D’abord lents et profonds, ses gestes s’accélérèrent progressivement. Les cris d’Ester étaient à peine étouffés par la main qui lui barrait le visage. Son excitation était telle qu’elle se savait sur le point de jouir. Mais Lex variait sans cesse le rythme de sa prise, et n’offrait jamais à la jeune femme la possibilité de se laisser totalement aller.

De son transat, Charlie n’avait pas amorcé le moindre mouvement pour aller rejoindre les deux jeunes femmes dans leurs ébats. Par crainte qu’elles s’interrompent s’il faisait montre de son désir de se joindre à elle, il se contentait de les observer et de jouer de sa propre excitation en se branlant énergiquement. Le corps tendu vers ces naïades enlacées, il savait qu’au moment où elles parviendraient à l’orgasme, lui-même ne pourrait se contenir. Rarement il s’était retrouvé dans une telle situation d’excitation et de frustration mêlées. Mais cela lui plaisait de voir ces deux femmes se donner tant de plaisir, et de sentir qu’il devrait se contenter de son rôle d’observateur puisque entrer dans la partie lui était interdit.

Ester n’en pouvait plus. Lex avait à présent sa main entièrement enfoncée en elle, et la prenait avec vigueur. Possédée par ces gestes rapides et profonds, elle sentait qu’elle ne tiendrait pas longtemps. Mais Lex en avait décidé autrement et, brusquement, elle lui fit faire volte face, se retrouvant à nouveau derrière elle. Dégageant sa main, elle plaça la pulpe de ses doigts sur le clitoris d’Ester et entama un mouvement circulaire, tout en maintenant une pression constante, ne laissant aucun répit à la jeune femme.

 

Au contact de ces doigts experts, Ester se sentit perdre totalement le contrôle de la situation. Sa tête tournait, tout son corps était tendu vers cette femme qui la tenait à sa merci. Ses muscles raidis, tremblante, elle gémissait sans pouvoir se maîtriser. A chaque fois que Lex accélérait le rythme de ses caresses, Ester atteignait un état d’excitation jusqu’alors inconnu. Soumise, elle ne vit pas arriver la jouissance qui la submergea, lui faisant lâcher un cri d’extase. Elle fut terrassée par un orgasme d’une rare intensité, qui lui fit oublier jusqu’à son nom. Mais Lex ne relâcha pas son étreinte pour autant, et soutint le rythme de ses caresses de telle sorte que la jouissance de sa partenaire dura plusieurs dizaines de secondes.

Le souffle court, Lex leva les yeux pour constater que l’homme qui les observait avait lui aussi tiré son compte de cette aventure nocturne. Au comble de l’excitation, il la fixait et accélérait toujours plus les mouvements de sa paume sur sa queue. Au bout de quelques secondes, elle le vit se raidir, ses muscles se tendre jusqu’à ce qu’un jet de foutre jaillisse de son chibre dressé. Son sperme gicla avec une telle force que l’assise du transat s’en trouva intégralement maculé.

 

Lou K.



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