Septembre 99,

J’ai 15 ans et je suis encore vierge, bien que terriblement submergée par les vagues de désir provoquées par la découverte d’envies sexuelles qui battent au creux de mes cuisses.
Comme tous les étés, je pars en colonie de vacances, sans me douter que cette année-là serait celle de l’expérience qui a définitivement éveillé mes sens.

La cabine du train couchette qui nous emmène au camp est plutôt exigüe.
Deux lits superposés se faisant face. Je choisis une couchette en bas, une ado fraichement rencontrée se met en face sur la couchette du haut, et les deux autres lits restent libres.
Bercée par le roulement du train, je m’endors rapidement, et c’est dans un demi-sommeil que j’entends la porte s’ouvrir, et que je perçois une ombre monter sur le lit au-dessus de moi.
Je suis encore dans une semi conscience, prête à retrouver mes rêveries lorsque je distingue dans la pénombre l’ombre d’un bras basculer dans le vide, à quelques centimètres à peine de mon visage.
Un frisson d’excitation me parcourt, cela ne peut pas être anodin, il ne peut pas déjà dormir.
Prise d’une pulsion, je rapproche mes lèvres jusqu’à frôler sa main, surprise de ma propre audace.
Sentant mon souffle sur sa peau, ses doigts s’animent, caressent ma joue, courent sur mon cou, dessinent mes lèvres.
Je ne suis plus que peau, son contact me fait frémir et je sens mon ventre s’embraser.
Instinctivement, je n’ai qu’une envie, sentir ses mains sur moi, être rassasiée de ce désir qui me dévore de l’intérieur, bien trop violent pour pouvoir résister.
Je m’entends glisser en un souffle « viens ».
Il se glisse alors près de moi sur l’étroite couchette, tandis que je guette le moindre signe d’éveil de celle qui dort tout près.
Nous restons quelques instants ainsi, nous frôlant à peine, savourant chacun l’incroyable sensualité de la situation.
Et le ballet de nos mains recommence. Il est torse nu et je laisse mes mains l’effleurer, dans un état presque hypnotique.
Je serai bien impossible de dire combien de temps cela dura, mais ce fut un moment d’éternité.
Etrangement, malgré le désir qui me brûle le ventre, et le sien qu’il me laisse percevoir en se plaquant contre moi, je sais déjà qu’il n’y aura que ces caresses.
Cette excitation contenue, mes mains qui touchent pour la première fois le corps d’un homme avec une timidité avide, ces gestes inachevés donnent un goût orgasmique à la frustration.
Au bout d’un temps qui m’a paru infini, mes sens décidèrent que c’était trop d’émotions, et le sommeil succéda à la volupté.

Je me suis réveillée pour découvrir sa couchette vide, et ma peau encore électrisée par le souvenir de cette nuit qui restera celle de mon éveil érotique.

Eve.O



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