Lucie est un ancien plan cul allégrement fréquenté depuis l’adolescence ; le genre que l’on recroise avec abus entre (ou pendant) les relations prétendument amoureuses. Il y a 6 mois, elle m’avait bombardé de messages équivoques où, bien que fiancée, elle proposait des soirées chaudes et savoureuses. Plus que fidèle, je résistais alors aux appels de sa langue bouillonnante…

 

Retour aux sources ; on commence simple. Je compose le numéro de Lucie. J’ai l’impression d’être un ancien espion qui reprend contact avec une vie oubliée. Lucie répond avec envie, passion et excitation. Rendez-vous pris pour le soir même. J’ai mes armes en latex entre mon larfeuille et la taie d’oreiller, fin prêt à redevenir un salaud comme je les aime !

 

22H. Lucie est sur le point de pénétrer dans mon antre et m’envoie un dernier sms ; prépare-toi au choc de ta vie, Bébé ! J’en ai une demie molle… jusqu’à ce qu’elle sonne. Certes, la robe de soirée en satin noire est magnifique mais n’est-elle pas un peu trop moulante ? Lucie a pris un peu de poids – et ces choses-là ne se disent pas. Elle s’avance, m’embrasse tendrement sur la joue et me sourit, aussi ravie que moi. Elle est radieuse.

 

Je ne tilte pas tout de suite et saisis les deux verres de Martini blanc tout justes préparés avec olives. Elle sourit encore et refuse, sourire niais aux lèvres.

Tu n’as rien remarqué ?, dit-elle.

 

Et là, une claque. De dix semaines. Père incertain mais à coup sûr choppé lors d’une soirée arrosée chez une certaine Linsay (prénom de pute au passage). Haut le cœur. Un pas en arrière. Lucie est en cloque, se fait toujours sauter par la terre entière, sans protection et l’arbore fièrement. Autant mettre un néon rose MST sur la devanture d’un club échangiste. La bienséance m’oblige à feindre la compassion pour déguiser le dégoût jusqu’à entendre que l’hypothétique père serait sur le point de débarquer, afin que j’arrange les choses dans leur couple.

 

Outre la frustration, Brel dirait que c’est un coup à vous faire des armées d’impuissants.

23H. Après 5 Vodka Martini sans Martini, je fous tout le monde dehors (Lucie et son têtard) avant que le géniteur ne vienne guetter ma caverne !

 

Ce soir, c’est ceinture.

 

 



Partager cet article :


Partager cet article sur Facebook