Après deux couacs par sms, j’ai finis par décrocher un rendez-vous avec Dorothée, l’agente immobilière d’1m90 qui me faisait chavirer. Nous y voici enfin, à ce verre siroté en terrasse au cœur de la nuit. Elle regrette d’emblée que j’ais confié ma recherche d’appartement à autre qu’elle. Je cherche en un millième de seconde une excuse bidon mais valable.

-       C’était pour éviter toute barrière professionnelle entre nous !, dis-je.

Elle sourit, l’air contenté. Je lustre ma créativité intérieurement.

Le feeling passe ; nous évoquons notre enfance, nos ex, nos métiers, nos vies. Elle est renversante. Ses courbes longilignes, ses cheveux fins, son œil qui frise et son petit cul m’électrisent. La fibre artistique pouvant engendrer la réciprocité, j’en fais des tonnes sur le job de scénariste qui enflamme ma vie. Sa main frôle ma cuisse, ses lèvres observent les miennes. À un moment donné, le froid de la nuit s’est dissipé sous la chaleur de nos envies. Je la prends dans mes bras et l’embrasse timidement sur le front.

-       P’tite bite !, hurle la mienne.

Dorothée relève la tête. Je l’embrasse sur les lèvres.

-       Beaucoup mieux !, rajoute ma queue.

 

A partir de cet instant, nos langues ne peuvent plus s’abandonner l’une l’autre. Nos mains arpentent nos corps et explorent les douceurs cachées de nos peaux. Je mordille ses lèvres avec envie et volupté, mes doigts jouant avec son soutien-gorge. Elle s’en inquiète…

-       Tu ne vas pas… ?

La provocation est mère de l’envie. Je dégrafe l’accroche en me vantant de pouvoir la raccrocher aussi vite. Coup de bol monstrueux, je parviens à refaire la manip trois fois de suite sans cesser de l’étreindre. L’excitation est à son comble. Dorothée me demande si nous n’allons pas nous faire virer de la terrasse. Il n’y a personne alors je la prends pour l’asseoir sur la table et la serrer contre moi plus tendrement, plus intensément, plus virilement. L’étreinte devient cochonne. Et personne n’interrompra cet instant. Nous sommes brûlants. Elle regrette que son appartement ne soit pas rangé. Je réponds que je suis un garçon, que je n’ai jamais été quelqu’un de « rangé ».

-       À qui l’dis tu !, murmure mon sexe.

Après de longues minutes de ces supplices pleins de douceurs, de caresses et d’ardeurs, Dorothée demande la clémence : trente minutes de battement avant de la rejoindre chez elle.

 

Trente interminables minutes à fumer clopes sur clopes dans un brouillard londonien en redoutant qu’elle n’annule une fois encore, au dernier moment. J’ai pu trouver une bouteille de blanc et je frappe à sa porte, surexcité tant par nos préliminaires en plein air que par la délicieuse appréhension de l’inconnu. En attendant qu’elle ouvre, je songe que si je devais un jour mourir bêtement d’une rupture d’anévrisme sur le pas de porte d’une presque inconnu, je serais ravis d’avoir, une fois de plus, foncé tête baissée… d’avoir écouté ma conscience, mon envie, mes impulsions, mon cœur…

-       Et ta bite !, crit mon entrejambe.

 

La porte s’entrouvre. Dorothée apparaît, sublime, ravissante, élégante, étourdissante dans une fine nuisette découvrant ses interminables jambes. Elle m’attrape par le col, me tire vers l’intérieur et me plaque contre le mur de son entrée…

 

 



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