Vous l’avez déjà rencontrée sans l’avoir jamais vue. Vous connaissez Miss. Tic, l’artiste plasticienne qui, depuis près de 30 ans, s’affiche au pochoir sur les murs de la capitale. Elle a fait de Paris le fief de ses mots et y scande ses désirs à grands coups de bombages intimes.

« Libertine cérébrale » selon ses mots, philosophe érotique du macadam selon les nôtres, elle nous offre ces aphorismes d’une libre poésie qui légendent les attitudes provocantes d’un avatar pictural, pas toujours urbain.  Petit retour sur le feuilleton aux multiples saisons des amours et des envies de cette graffeuse à fleur d’Eros.

 

 

Poulbote de Paris et de ses environs, elle est élevée par un père tunisien, ouvrier puis mandataire aux Halles, et par une mère normande, « paysanne éclairée » et femme au foyer. Une enfance tranquille aux abords d’Orly, vite écourtée par la mort avant l’heure de sa mère et de son frère, dans un accident de voiture, puis de son père, des suites d’une crise cardiaque. Alors à seize ans, elle s’évade. Tour à tour graphiste, maquettiste, peintre en lettres et même comptable, elle deviendra, en 1985, Miss. Tic, du nom de la sorcière qui tourmente Picsou, le grippe-sou du magazine éponyme.

La rue, elle la cambriole. Squatteuse de l’aube, elle griffe les murs de ses silhouettes aguicheuses, de ses saillies aux élans désirants. Ménilmontant, Montmartre, le Marais, Montorgueil ou encore la Butte aux Cailles, la poète vandale a ses zones. Créature aimante et désirante, elle se salit les mains à laisser sa trace… et joue la nuit, dans ce Paris qu’elle a fait sien, à échapper aux képis.

 

 

Mais ça, c’était avant. Aujourd’hui, le paraphe a pris du galon et le graff de la valeur, tout en n’ayant jamais laissé sa verve sur le bas-côté. Miss. Tic s’expose et se décline en affiches, toiles, photos, commandes publicitaires et  timbres à son effigie ; les temps ont changé et l’artiste a su transformer l’essai de son érotisme mural sans pour autant y perdre son âme.

Ainsi, on la rencontre encore et toujours sur les pierres de la capitale où elle proclame inlassablement ses revendications intimes, Gavroche érotique, mutine à l’assaut des remparts.

 

Lou K.

Iconographie: Bobby James

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Et du 1er juin au 13 juillet, retrouvez Miss. Tic à l’occasion de son exposition « Secret d’Atelier » à la Galerie Lelia Mordoch.

Miss.Tic y présentera son dernier livre, L’étoffe des éros, secrètement inséré dans le châssis d’un tableau tendu de soie rose, peint au pochoir.

L’édition originale du livre, dont la maquette a été conçue par Miss.Tic, est limitée à 30 exemplaires signés sur Arches.

Troisième livre objet de la collection « Secrets d’atelier » aux Editions Le Renard Pâle.

Exposition du 1er juin au 13 juillet 2012

Galerie Lelia Mordoch
50 rue Mazarine 75006 Paris

Tél : +33(0)1 53 10 88 52

 



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